Madame, Monsieur,
Nous attirons votre attention sur une évolution réglementaire européenne majeure : la mise en œuvre du MACF (Mécanisme d’Ajustement Carbone aux Frontières), qui impactera directement les coûts des projets de construction.
Rappel du dispositif :
Le MACF vise à appliquer une tarification carbone sur les importations de matériaux à forte intensité d’émissions (acier, aluminium, ciment, etc.). Cette mesure, inscrite dans le Pacte Vert européen, est obligatoire pour tous les États membres et leurs entreprises.
Échéances de mise en œuvre :
- Dès 2026 : obligation de déclaration des importations.
- Début 2027 : application de la taxe carbone via l’achat de certificats MACF, calculée sur la base des émissions déclarées et du prix du carbone européen.
Ce mécanisme entraînera un surcoût sur les matériaux importés soumis au MACF. Nous mettons dès à présent tout en œuvre pour estimer ces surcoûts afin de les intégrer dans les coûts de construction et éviter des écarts financiers majeurs à partir de 2027.
Les premières estimations établies à partir du calculateur officiel de la DGEC indiquent un surcoût de 53€/tonne de ciment dès 2026, pouvant atteindre 90 €/tonne à l’horizon 2034. Ces hausses représentent entre +10 % et +30 % sur le coût du béton prêt à l’emploi (source : COBATY Réunion), avec des répercussions sur :
- La construction de logements publics et privés,
- Les infrastructures publiques futures, indispensables au territoire.
Les estimations relatives à l’acier et l’aluminium sont en cours d’analyse.
Au-delà de l’impact technique, cette mesure entraînera des conséquences sociales importantes. En effet en augmentant le coût de la construction, le MACF accentuera la cherté de la vie et handicapera l’accession à la propriété pour les ménages les plus modestes.
Un paradoxe a été créé car le MACF, instauré par le Règlement (UE) 2023/956, ne s’applique qu’aux importations hors Union européenne. Cette règle contredit la loi BELIM (juin 2025), qui créée les cellules de conformité pour favoriser le sourcing régional, notamment dans la zone Océan Indien. Elle va également à l’encontre des orientations européennes pour les régions ultrapériphériques, qui visent à renforcer l’intégration régionale et les circuits courts.
Une application stricte du MACF compromet ces objectifs et pénalise notre territoire.
La FRBTP mettra tout en œuvre, compte tenu des contraintes structurelles et des surcoûts déjà existants dans notre territoire insulaire, pour que La Réunion obtienne une dérogation sur le MACF en tant que RUP.
Cependant au regard des obligations légales relatives au MACF, nous vous invitons à anticiper ces évolutions dans vos projets et restons à votre disposition pour toute précision ou pour travailler ensemble à une solution adaptée.
Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l’expression de nos salutations distinguées.
LA FRBTP